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 L'histoire de Mia - [Terminé]

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Macadelic
Parchemin Vierge
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MessageSujet: L'histoire de Mia - [Terminé]   Jeu 2 Jan - 22:20

L'HISTOIRE DE MIA.

Type : Amour/Histoire d'ado.
Où en est votre récit? Il est terminé.
Résumé : C'est une histoire parmi tant d'autre, une histoire que n'importe qui pourrait vivre... C'est l'histoire de Mia.


[0]

Salut, je m’appelle Mia, et je suis une survivante.

Il y a un an, jour pour jour, ma vie a pris un tournant pas facile. De quoi faire péter les plombs à n'importe qui. De quoi ne jamais se relever. Je me demande parfois encore où j'ai trouvé la force de me battre, la force de recevoir en pleine gueule toutes ces épreuves, la force de ne jamais baisser les bras.
J'ai voulu tout lâcher à plusieurs reprises, abandonner et m'abandonner.

La sensation qui a explosé dans tout mon corps ce jour-là est en train de battre une nouvelle fois la mesure, le front couvert de sueur, les yeux fermés, le cerveau en ébullition, à deux doigts de s’effondrer, épuisée par la force qui la fait voyager. En parfaite harmonie, mon cœur se réveille et se met à cogner en crescendo, implacable et géométrique. Ma gorge se transforme d’un claquement de doigt en un véritable désert, s’asséchant et se rétrécissant. Mes mains, au contraire, sont moites, comme si un océan s’était échappé de leurs lignes. Mon ventre est pris de court par un élancement, ressemblant à une armée d’énormes papillons déchaînés qu’on a soigneusement enfermés dans un minuscule bocal. Mon sang est rempli à ras bord d’adrénaline, emportant tout sur son passage tel un tsunami. Contre mon gré, cette archive poussiéreuse sort de son coma interminable.
Et je me prends un électrochoc. En pleine gueule.

Et même si l'envie de pleurer remonte de partout aujourd'hui, même si j'ai envie de me blottir dans mon lit avec mes vieux doudous et de la musique, cette histoire, il faut que je vous la raconte, sinon, tôt ou tard, elle s'éteindra avec moi.
Elle vous paraîtra peut-être banale, mais pour moi, c'est un chapitre inoubliable de mon existence.

Et je suis bel et bien là, et je croque de nouveau la vie à pleines dents.

Je vous souhaite la bienvenue dans ce petit monde isolé qu'est cette partie de mon passé.


[1]

11 janvier. 20h46.

Tout a véritablement commencé un vendredi soir. Un vendredi soir aux premiers abords comme les autres.

Il faisait froid, et j'avais les mains et les oreilles glacées, malgré mes gants et mon bonnet. Quelques flocons voletaient ici et là, insouciants. Mon souffle s'échappait de mes lèvres en un petit nuage d'un blanc étrange. J'avançais péniblement à travers les rues fatiguées de cette journée.
Arrivée à mon arrêt, j'attendis quelques minutes, et fis un signe de la main lorsque le bus arriva. Il s'arrêta dans un crissement désagréable, et je montai dedans en saluant le chauffeur. Il faisait plus chaud qu'à l'extérieur, mon corps se réchauffait au fil des montées et des descentes des passagers. Debout, les mains serrant une barre en fer, je fermai les yeux un instant pour oublier le monde qui ne cessait de bouger, laissant mes pensées flotter paisiblement.
Je repris brusquement le contrôle de mes réflexions lorsque je sentis la présence très particulière de mon quartier. J'appuyai sur le bouton rouge marqué d'un "STOP" blanc à ma droite, et m'approchai de la porte. Le bus ralentit alors maladroitement, puis s'immobilisa complètement. Les battants s'ouvrirent dans un froid agressif, ce qui m'obligea à fourrer mon visage dans mon énorme écharpe grise.

Un garçon qui devait à peu près avoir mon âge descendit en même temps que moi.

Je me retournai brièvement, sans avoir vraiment pu le voir. Sa tête ne me disait rien, et j'avais le ventre vide, alors je poursuivis ma route jusqu'à ma maison sans trop me poser de questions. Un nouveau voisin peut-être?
Une fois rentrée, j'enlevai mon bonnet, mes gants, mon écharpe, ma doudoune, et enfin mes chaussures. J'enfilai ensuite mes gros chaussons roses, et me dirigeai vers la cuisine. Une assiette de pâtes à la carbonara était posée sur la table, que je m'empressai de réchauffer au micro-ondes. En attendant, je me servis un grand verre d'eau que je bus d'un trait.
« Mia? appela ma mère du salon.
– Oui maman? répondis-je.
– Ta journée s'est bien passée?
– Oui, ça va.
– Et tu t'en sors en maths?
– Hm, ça peut aller...
– Tu n'hésites pas à demander s'il y a quelque chose que tu ne comprends pas!
– Oui maman, t'inquiète pas.
– Mais dis-moi, Mia, tu es rentrée plus tard aujourd'hui, non?
– Oui, je suis allée bosser chez Anna après les cours.
– Ah, d'accord! »
Ah, ma mère... Toujours à penser qu'il y a un truc qui va pas!
Les trois bips du micro-ondes retentirent, et j'avalai en un rien de temps mon assiette. Une fois rassasiée, je rangeai mes couverts dans le lave-vaisselle, et montai en vitesse dans ma chambre.
Et, comme d'habitude, quand je savais que je n'avais plus à sortir, je mis mon vieux jogging, mon sweat préféré, et attachai mes cheveux en chignon. J'ouvris mon ordi, Facebook, YouTube, des sites de fringues et Twitter, et passai de pages en pages, de ma discussion avec Anna aux vidéos de Cyprien, de T-shirts à des bottines, de Ryan Gosling à James Franco... En gros, j'étais en train de glander.
Une fois l'heure du matin en approche et les premiers gros bâillements survenus , je me glissai sous ma couette et m'endormis. J'eus une dernière pensée éphémère pour ce garçon, avant de laisser la nuit me bercer dans un profond sommeil.


[2]

14 janvier. 07h39.

Mon week-end se résumait à l'expression "ne rien avoir foutu", et, franchement, j'avais la flemme de revenir en cours. Et puis je n'avais pas assez dormi.

Comme la semaine dernière, il faisait plutôt froid, le thermomètre avoisinait les trois degrés. Armée de mon éternel attirail d'hiver, bonnet, écharpe, et doudoune, je m'apprêtais à m'enliser sur une chaise pendant deux heures. En plus c'était des maths...
Enfin, peu importe, je voyais Anna arriver de l'autre côté de la rue, que rejoignis aussitôt d'un pas pressé.
« Coucou Mia, dit-elle en me faisant la bise, ça va?
– Mouais... Et toi?
– Ouais, super! T'es sûre que ça va?
– Bah je me suis grave ennuyée ce week-end, et je savais pas trop quoi faire.
– Ah, mince... Si ça te dit samedi prochain Romain et moi on a une soirée qui l'air cool, et je crois qu'on peut incruster facilement.
– Hm, ouais, pourquoi pas...
– A toi de voir!, conclut-elle. »
Romain, c'était son copain. Enfin, une de ces innombrables histoires d'amour qui ne durent jamais plus d'un mois. Je lui avais déjà dit plusieurs fois qu'elle devrait un peu se calmer niveau garçons, au lieu d'amasser les ruptures et les chagrins, mais elle voulait pas m'écouter... Mais passons, la sonnerie du lycée retentit, et nous montâmes rapidement jusqu'à la salle 204.

Les deux heures passèrent lentement, très lentement, entre bavardages, remarques et fonctions.

A peine la fin du cours annoncée par cette sonnerie agaçante, je filai droit vers la porte, suivie de près par Anna.
« Alors là, commença-t-elle, j'ai rien capté au cours!
– Moi non plus! »
Nous rîmes de nos lacunes quelques instants, lorsque Romain apparut à un détour d'un couloir. Sans attendre, je lâchai le couple.

Les cours s'enchaînèrent avec monotonie, et la journée s'écoula avec ennui : deux heures de français, deux heures pour manger en tenant à contre-cœur la chandelle, deux heures de physique-chimie, et une heure d'anglais.
Anna rentra chez elle en m'ignorant totalement, tenant fermement la main de son copain, pendant que je me dirigeais vers l'arrêt de bus, du Gabrielle Aplin dans les oreilles. Lorsqu'il arriva, je me mis tout au fond, et m'avachis, la tête contre la vitre et dans les nuages.
Je pensais au fait d'être en couple. Ça m'effrayait un peu. Je n'ai embrassé qu'un seul garçon dans ma vie, et c'était en CM2, parce qu'il était gentil avec moi, pas comme tous les autres imbéciles. Et depuis, plus rien, comme s'ils me fuyaient tous. Pourtant, on me dit souvent que je suis mignonne. Mais c'était peut-être ça le problème... J'étais juste mignonne, mais ce n'était pas assez, il fallait que je ressemble à un mannequin, que je sois parfaite aux yeux de tout le monde, que je fasse la couverture de Vogue.

Comme d'habitude, je descendis à deux rues de ma maison. Et je vis ce même garçon m'imiter. Je me retournai discrètement.

Il était grand, mince, et avait les cheveux en bataille, et des traits marqués très durs. Son blouson en cuir noir et ses lunettes lui donnaient une allure d'intello passionné d'électro, le tout monté sur le classique jean/Vans. Ses yeux marrons me fixèrent un moment.

Je me reconcentrai vite sur ma route, et rentrai rapidement chez moi, un léger battement au cœur.
La soirée se passa de la façon la plus normale qui soit, et je gagnai rapidement mon lit après avoir fait mes exercices de SVT.

La douce pensée de ce bel inconnu s'envola de ma tête avant que mes paupières ne se ferme...


[3]

Les jours précédents pouvaient être rangés dans la catégorie "Banals, mais intéressants". Le garçon était en fait dans mon lycée, et j'avais entendu dire qu'il avait décollé de Paris pendant les vacances. Et il habitait effectivement dans mon quartier...

Mais je ne savais pas trop comment l'aborder! Lui lâcher un « Salut, je m'appelle Mia, je prends le même bus que toi, alors on pourrait manger ensemble, non? » me paraissait trop risqué, alors pour ce midi je me contentais de m'asseoir à la table d'Eva, une fille assez sympa de ma classe.
« Hey, dis-moi, amorça-t-elle, t'as vu le nouveau en Seconde 3?
– Hm, oui oui, tentai-je maladroitement.
– Je le trouve juste mais trop beau! Pas toi?
– Si, si, il est pas mal, contins-je, c'est vrai...
– Il a des airs d'Andrew Garfield, non?
– J'aurais plutôt dit Gesaffelstein, mais bon...
– Qui ça?
– Gesaffelstein, le DJ.
– Non, je vois pas... En tout cas je suis sûr qu'il va faire des ravages! »
Bon, apparemment j'étais pas la seule à l'avoir remarqué, et il avait l'air de plaire! J'écoutai Eva le reste du repas en ponctuant la conversation de temps en temps, la tête ailleurs...
Une fois nos desserts terminés, nous nous levâmes et nous dirigeâmes vers la sortie après avoir déposé nos plateaux vidés de leurs couverts et déchets. Il nous restait une dizaine de minutes avant le cours d'espagnol, que je passai en compagnie d'Eva et une de ses amies, Claire.

Inébranlable, la sonnerie retentit mécaniquement, signalant le début d'une après-midi crevante.

Je montai donc les escaliers avec Eva, et nous attendîmes la prof devant la salle, qui ne tarda pas à ouvrir la porte. Nous prîmes des places au deuxième rang, et le cours commença brusquement une fois la deuxième sonnerie entendue.
C'est à ce moment-là que quelqu'un toqua. La prof ordonna à la personne de rentrer, et...

C'était lui.

Mon cerveau eut un vide pendant quelques secondes, le temps que je l'observe, que je l'examine, qu'il s'excuse, et qu'il se mette au premier rang. J'eus beaucoup de mal à me replonger dans le cours tant la sensation qu'il se passait quelque chose de spécial se tramait. Quant à l'horloge, elle défila en un soupir.
Evidemment, j'écris avec application le numéro de la page qu'il fallait lire pour la prochaine fois, et rangeai mes affaires au ralenti. Je voulais le voir, là, avant d'aller en histoire-géo.
« Mia? Mia? m'appela Eva en me secouant le bras.
– Oui? lançai-je au hasard.
– Tu viens ou tu fais quoi? On va être en retard!
– J'arrive, j'arrive! »

L'histoire-géo, c'était une matière captivante, mais pas aujourd'hui. La journée s'enfuit en courant, et je me retrouvai dehors, deux heures plus tard, réveillée par un froid aux crocs acérés.
Il me semble que je n'avais jamais eu cette impression de vitesse, et que je n'avais jamais autant pensé à un garçon. Mais je me sentais également impuissante face à toutes ces filles à la mode plus grandes que moi, aux cheveux plus soignés que les miens, à la silhouette plus affinée que la mienne...
Alors, d'un pas quotidien, le début de soirée m'accompagna.

Et, sur un fond de "Pink Matter", je pensais que, peut-être, il allait me remarquer...


[4]

19 janvier. 22h17.

J'avais finalement accepté de venir à la soirée de Pierre, le gars qui avait invité Anna et Romain. Il devait apparemment y avoir des gens que je connaissais, donc normalement ça devrait être un bon moment!

Du Breakbot poussé à bloc résonnait jusqu'au jardin. Le salon était plein à craquer, tout le monde dansait, plus ou moins bien, avec plus ou moins de verres au compteur. Anna, sans doute un peu bourrée, squattait le canapé, allongée sur son copain, pendant que je tirais sur la fin de la cigarette d'Eva, plus pour avoir une bonne raison de rester avec elle que par envie de nicotine. Chacune un verre de mojito à la main, on discutait de tout et de rien, mais surtout de mecs, domaine dans lequel j'avais encore des progrès à faire.
« Mais, en fait, demanda-t-elle, t'as déjà eu un copain?
– Non, jamais, répondis-je à mi-voix, gênée.
– Ah ouais? Oh c'est marrant ça, je pensais que t'étais du genre à séduire assez facilement.
– Hm, non, pas trop...
– Bon, et sinon t'as quelqu'un en vue là? poursuivit-elle.
– J'en suis pas sûre...
– Comment ça t'en es pas sûre?
– Bah c'est que je lui ai jamais parlé, alors je peux pas trop savoir.
– Mais qu'est-ce que t'attends?
– J'ai peur de lui faire une mauvaise impression...
– Et c'est qui ce gars qui te plait?
– Le nouveau.
– Ah! J'en étais sûre! T'as pas arrêté de le regarder jeudi en espagnol, j'ai cru que t'allais pas le lâcher des yeux! »
Étourdie par sa remarque, je sirotai mon mojito en reconstruisant mentalement le cours d'espagnol.
« Ça te dit d'aller voir les deux canons scotchés sur le banc là-bas? proposa-t-elle soudainement.
– Qui?
– Les deux, là-bas, répéta-t-elle en les désignant du menton, au fond.
– Ouais, cédai-je, si tu veux... »

Nous marchâmes vers le mur de pierre, et fîmes face à deux véritables tombeurs. Enfin, physiquement parlant. Parce qu'ils se contentèrent de nous proposer de fumer un joint en nous draguant lourdement. Un peu comme si Hugh Jackman et Christian Bale s'affrontaient dans un duel infantile pour savoir qui pissait le plus haut. Sans hésiter, nous les lâchâmes après avoir échangé deux ou trois mots.
« Euh, c'était qui ces types? questionnai-je.
– Des bouffons! répliqua Eva au quart de tour. »
Nous rentrâmes donc dans le salon, et accostâmes le buffet couvert d'un tas de plats et de bouteilles de toutes les couleurs. Je pris sans réfléchir une part de pizza, mangeai goulûment...

Et affrontai ce regard. Ce putain de regard.
Merde, lui aussi, il était là.
Eva s'était déjà envolée. J'étais piégée et dépassée.

Dans ma tête la phrase « Dépêche toi de finir cette pizza, il va te prendre pour une grosse truie, c'est obligé! » fusa.
« Salut, lâcha-t-il avec décontraction.
– Chalut, essayai-je avec encore un peu de pizza dans la bouche.
– J'ai vu que tu prenais le 12 pour aller en cours.
– Ah oui?
– Hm, hm... T'habites pas loin de chez moi, je crois.
– Oui, c'est possible!
– Ah oui, euh... Moi c'est Xavier.
– Mia...
– C'est joli.
– M-merci.
– Un slow, ça te dit?
– Euh... Oui, euh, oui, oui, avec plaisir! »
C'était le chaos dans ma tête. Mon cœur cognait plus vite que le plus acharné des batteurs. Et j'étais passée pour une débile au passage.

Il me prit par la main, m'emmena au beau milieu de la salle, et enlaça ma taille pendant que j'enroulais mes bras derrière sa nuque. Les gens autour de nous semblaient entrer dans une danse muette sous l'eau.

La lumière tamisée m'entraîna. Et la musique me sourit.

« It might not be the right time
I might not be the right one
But there's something about us I want to say
'Cause there's something between us anyway

I might not be the right one
It might not be the right time
But there's something about us I've got to do
Some kind of secret I will share with you

I need you more than anything in my life
I want you more than anything in my life
I'll miss you more than anyone in my life
I love you more than anyone in my life »

Tout s'était passé bien trop vite. Le voir descendre de mon bus, et danser un slow avec lui, la joue contre son torse, une semaine plus tard. J'y croyais pas. C'était de la pure folie, de la pure magie, un brin de vie.

Oui. Maintenant c'était une certitude.
J'étais amoureuse de lui.


[5]

20 janvier. 09h11.

Pierre m'avait proposé de rester dormir, mais j'avais préféré suivre Xavier, prendre le dernier bus à deux heures du matin dans ses bras, et passer une nuit pleine de tendresse, pour m'endormir en effleurant sa voix.

Je me réveillai les cheveux en bataille, tout comme mes idées et mes espoirs. Cette nuit, nous avions juste parlé. Aucun de nous deux ne s'était aventuré, ni ne s'était livré. Nous étions juste, là, sous une grosse couette, l'un contre l'autre, à faire connaissance. Rien de plus. Je ne savais pas trop ce qu'il se passait dans sa tête, et sûrement encore moins dans sa vie. Je savais juste qu'il faisait du basket et qu'il adorait les Lakers, qu'il jouait du piano depuis qu'il avait cinq ans et qu'il avait déjà chanté dans un groupe, qu'il aimait bien lire, surtout du Murakami, et qu'il avait un grand frère qui travaillait au Danemark. Enfin, c'est ce que j'avais en gros retenu.
Je regardai mon téléphone, qui n'affichait ni messages, ni appels, puis me levai, pris une de ses chemises à carreaux qui traînait sur une chaise pour couvrir ma quasi-nudité, et descendis les escaliers, les jambes engourdies de la veille. Et, franchement, j'avais peur, peur de perdre le contrôle de la situation, et de gâcher cet hypothétique début.
Une fois en bas, je pris une grande inspiration, et calculai ma marche. Je l'entendais préparer quelque chose dans la cuisine.

Je pris une autre inspiration, et passai la porte.

« Ah, ça va? demanda-t-il en levant les yeux.
– Oui, ça va, et toi? répondis-je en camouflant tant bien que mal mon enthousiasme.
– Ouais, un peu fatigué d'hier, mais ça va. T'as faim?
– Euh... Ouais. Ça fait longtemps que t'es debout?
– Depuis une heure à peu près. T'as bien dormi?
– Oui, oui. Et... Merci d'ailleurs.
– Oh, c'est rien!
– T'es allé chercher des croissants?
– Hm, oui, t'aimes pas ça?
– Ah, non, non, c'est pas ça, c'est juste que... Non, rien. »
Ses lèvres m'enchantèrent, et il me proposa d'aller dans le salon.

Des tableaux étaient accrochés un peu partout sur les murs blancs, entourant une table basse en ébène cernée de deux canapés en cuir. Une nappe d'un vert foncé cachait une longue table sur laquelle trônait un vase remplie de tulipes, ce que je trouvais décalée par rapport à l'atmosphère sérieuse du reste de la pièce. Dans un coin, il y avait un bureau, un ordinateur, et plusieurs énormes dossiers.
Une légère mélodie me chatouillait les oreilles. Une mélodie effacée, mais enivrante.
« Vas-y, assieds-toi, dit-il en déposant un plateau beige.
– Ok, acceptai-je.
– Dis-moi...
– Hm?
– Est-ce que... Est-ce que j'ai ronflé? »
Evidemment, je ne pus empêcher le disgracieux rire gras qui se frottait dans ma gorge d'exploser. Je ris un temps qui me parut interminable, pendant qu'il m'observait en esquissant un sourire.
« Euh, balbutiai-je une fois rétablie, je crois pas!
– Ok, cool. Sers-toi, je t'en prie.
– Merci.
– J'aime bien ta façon de rigoler, au moins on sait que tu ris pas à moitié! »
Une impression de confort m'envahit, et je le regardai sous les pupilles un moment. Il remonta ses lunettes de son index, me sourit une nouvelle fois, et se servit un verre de jus d'orange. Il avait l'air de s'en foutre de la sale gueule que je devais avoir, et appréciait simplement ce petit-déjeuner très particulier.
« C'est quoi la musique? relançai-je en tartinant généreusement un croissant de Nutella.
– C'est "Look What You've Done" de Drake.
– J'aime bien le piano... Il parle de quoi?
– Je sais pas, je comprends pas grand-chose, je suis à la ramasse en anglais. Mais je trouve que l'intonation de sa voix colle bien avec le fond. Alors... Je l'écoute.
– Hm, hm. »
Le reste du repas se déroula sans surprises, ponctué de quelques phrases et du bruit tintant de nos couverts et de la nonchalance de Drake. Une fois fini, il débarrassa la table, pendant que je montai prendre une douche.

Sous l'eau, je m'imaginais un scénario parfait. Je voulais qu'il me fasse une longue tirade, et qu'à la fin il m'embrasse, mon visage entre ses mains. Mais il paraissait avoir autre chose en tête.

Je sortis au bout d'une vingtaine de minutes, plus fraîche, et retournai dans sa chambre. Il était en train de regarder des messages sur son téléphone.
« Tu veux rester? suggéra-t-il.
– Merci, mais je dois finir une dissert' de français à rendre pour demain. Je peux garder ta chemise?
– Ouais, pas de problème. Je te ramènerai ton T-shirt lundi ou mardi. Je te raccompagne?
– Bah... Comme tu veux.
– Comme ça, je saurai où t'habites!
– Ok.
– On y va?
– Ouais, allons-y. »
Je rassemblai mes affaires, puis nous descendîmes l'escalier, et passâmes la porte d'entrée. Il referma derrière lui, et marchâmes jusqu'à chez moi. Mes vêtements étaient insuffisants tellement le froid matinal était agressif, ce qu'il remarqua vite, m'entourant de suite d'un bras protecteur jusqu'au seuil de ma maison.
« Bon, bah, hésita-t-il une fois devant le numéro 17, salut.
– Salut! »
Nous nous fîmes la bise, et il revint sur ses pas. Je restai un long moment, glacée, à le regarder partir.

Un message me sortit de ce songe. Un message court. Mais incroyablement fort.

"<3. Xavier"


[6]

22 janvier. 16h01.

Je crois je n'avais jamais eu un début de semaine aussi plaisant. Je le voyais de plus en plus, le connaissais de mieux en mieux, et vice versa. Mes sentiments restaient inchangés, mais n'étaient toujours pas sorti de leur cachette.

Ma prof d'italien était absente aujourd'hui, donc je finissais à 16h au lieu de 17h. Et Xavier aussi, donc j'avais décidé de l'attendre, pendant qu'Anna restait au CDI pour rattraper son retard en SVT. J'aperçus Romain sortir dépité, et rejoindre l'un de ses amis. Xavier apparut alors derrières les lourdes portes rouge bordeaux de notre bahut, et s'approcha.
« Coucou, démarrai-je immédiatement, ça va?
– Ouais, super, répondit-il, et toi?
– Ouais, ça va.
– Ah oui, tiens, j'ai ton T-shirt! J'espère que t'en avais pas besoin...
– Oh, non, t'inquiète pas! Merci!
– De rien. Ça te dit un chocolat chaud?
– Oh ouais, carrément! »
Enjoués, nous allâmes au café à côté dans la rue du lycée, il paya nos deux tasses de chocolat chaud, et nous nous assîmes sur une petite table pour deux.
« Hm, plutôt galant à ce que je vois, le taquinai-je, non?
– D'après ma mère, répliqua-t-il, je tiens ça de mon père.
– Ah, d'accord, je vois.
– Bon et sinon, tu m'as pas répondu l'autre fois, tu joues d'un instrument?
– Ah oui, pardon, je me suis endormie hyper vite, j'étais vraiment claquée... Ouais, je fais un peu de guitare, mais j'y arrive pas trop. Je sais juste jouer "Creep" de Radiohead.
– C'est déjà pas mal! Si t'as le temps, et si ça te dit, on pourrait jouer ensemble, juste pour essayer.
– Ouais, pourquoi pas... Mais je suis pas sûre d'avoir le niveau!
– C'est pas grave, au pire tu pourras chanter.
– Chanter? Non merci, j'ai vraiment une voix affreuse!
– Ah ouais? Alors prouve-le-moi, vas-y, chante.
– Euh, là, maintenant?
– Ouais!
– Mais ça va pas? Je vais me taper la honte!
– Donc tu me dois une chanson.
– Roh... Ok. »
Il me sourit d'un air narquois, et je lui fis une grimace. Je bus un peu de mon chocolat chaud, mais il était encore brûlant.
« Et ça va avec Anna? reprit-il.
– Bof, admis-je, on s'est un peu prises la tête sur Facebook, je lui ai dit qu'elle devrait équilibrer le temps qu'elle passe avec Romain et avec ses potes, mais elle a rien voulu écouter...
– Ah... Espérons que ça lui passe!
– Ouais, j'aimerais bien. »
Je sentis un sourire fade se dessiner fébrilement sur mon visage, et je détournai les yeux vers la rue. J'en avais marre de tous ces mecs qui se succédaient à une vitesse acharnée, qu'Anna avait à peine le temps de connaître. On s'éloignait petit à petit...

C'est là qu'il me prit la main, en me regardant passionnément.

Le temps semblait avoir ralenti, voire même s'être arrêté. La ville fumait une cigarette, éparpillant la fumée de nos cœurs sur les trottoirs. J'entendais encore "Look What You've Done" fredonner. Son sourire répétitif dont je ne me laissais pas me caressa à même mon âme. Et je me laissais aller...
Une fois dehors, nous traversâmes une foule de visages inconnus, les bras entremêlés. J'étais dans un film, dans un monde parallèle.

Comme dimanche, il me ramena jusqu'à chez moi. Mais, cette fois, j'attendais plus de sa part.
Arrivés devant ma porte d'un blanc pâle, nous plongeâmes dans une nouvelle histoire.
« Tu sais, Mia, glissa-t-il, je... Je crois que, euh... C'est un peu dur à dire, mais... »
L’écho du silence crissait sous nos dents. Il me prit soudain par la taille.
« Ça te paraîtra peut-être un peu tôt, et idiot, mais j'en peux plus de garder ça pour moi, ça devient trop dur. »
Il marqua une courte pause.
« Ça fait longtemps que je t'ai remarquée, et, il faut l'admettre, ça va au-delà du fait que je te trouve belle...

Je crois que... Je crois que je suis amoureux de toi. Oui, Mia, je t'aime. »

Il baissa ensuite les yeux, et rougit, comme s'il avait un peu honte.

En cette fin d'après-midi de janvier, je goûtai ses lèvres, ses mains chaudes sur mes joues, et les miennes par-dessus les siennes. Absents, nous nous envolions par-dessus les nuages, par-dessus les étoiles.
Le prélude de cette histoire avait été écrit vite, sans réflexions. Mais, après tout, c'était peut-être ça, le véritable amour.

Aller trop vite pour écrire le premier chapitre.


[7]


25 janvier. 23h55.

Je pouvais percevoir facilement la puissance de notre relation, incassable et inaltérable. Ces minuscules gestes et attentions qu'il m'accordait me baignait dans une sorte de rêve inatteignable par le malheur et la routine.

Il se faisait déjà tard, mais je n'avais pas cours le samedi. Accrochés à Facebook, nous discutions depuis deux heures sans but, ni fin.

Xavier : Ça te dit qu'on aille voir un film demain dans l'aprem'?
Moi : Ouais, pourquoi pas :) Tu voudrais aller voir quoi?
Xavier : On m'a conseillé "Django", et c'est vrai qu'il a l'air pas mal Ça te dit?
Moi : Ça parle de quoi?
Xavier : Je sais pas trop, mais c'est un Tarantino, donc ça devrait être cool!
Moi : Ok
Xavier : Hm... Ça a pas l'air de te plaire :(
Moi : Bah c'est que j'aurais préféré regarder un DVD, juste avec toi <3
Xavier : Ouais, on peut faire ça à la place! <3
Moi : Han, trop cool :3
Xavier : Ça sera chez moi alors, on aura la maison rien que pour nous deux :)
Moi : Oh c'est parfait! Mais c'est moi qui choisis le film par contre :)
Xavier : Ok, ça marche :)
Moi : Je t'aime <3
Xavier : Moi aussi, je t'aime <3
Moi : Tu me joueras du piano? :3
Xavier : Bah ouais si tu veux :)
Moi : Hihi :3
Xavier : Bon, je vais te laisser là par contre, je suis vraiment fatigué...
Moi : D'accord :) Bonne nuit, je t'aime <3
Xavier : Bonne nuit Mia <3

Je bloquai un moment sur notre conversation, heureuse. Ce dernier message m'avait clouée sur place. C'était le premier garçon à me dire ça. Je m'endormis paisiblement, ne craignant désormais plus rien.

Je nous envoyais mentalement sur une plage déserte, main dans la main, le bruit des vagues et le repos du sable à nous seuls, longeant une océan rempli de nostalgie.

"Bonne nuit Mia <3"


[8]

26 janvier. 15h19.

Rien n'avait changé depuis la dernière fois. Il y avait cette odeur de bonheur mélangée à celle d'un interminable câlin.

Nous étions assis sur son canapé, l'un contre l'autre. Nous ne parlions pas, seul notre amour osait prendre la parole à travers nos nos étreintes et nos baisers langoureux. Nous regardions "Lost In Translation", film que j'avais déjà vu des dizaines, sinon des centaines de fois. J'aimais bien son ambiance, son enfance, son Tokyo, son duo. Et j'adorais la fin, qui n'allait d'ailleurs pas tarder.
Happé par la télévision, Xavier suivait les images de bout en bout. Je sentais sa mains sur ma hanche bouger imperceptiblement. Je le sentais vivre, je sentais que, voilà, j'avais accès à son livre.

Le générique nous surprit, et il se tourna vers moi.

« Wow, buta-t-il, wow, c'était... Je sais pas...
– Cherche pas, tranchai-je, j'ai toujours pas trouvé un seul mot pour définir ce film!
– Vraiment, euh... Merci, merci de m'avoir fait découvert "Lost In Translation".
– Mais je t'en prie.
– Je... »
Coupant net la conversation, je l'embrassai.
« Je t'aime... conclus-je pour lui. »

Il se leva, silencieux, et s'assit derrière son piano, après avoir éteint la télévision et le lecteur DVD. Quelques notes, quelques accords, rien de plus.

Et sa voix...

« Talk to me baby
Tell me what you're feeling
You say you don't need to go
Don't you pretend you didn't know... »

J'étais littéralement envoûtée. Ma peau frissonnait de plaisir, tandis que mes tympans s'enfermaient dans un insoutenable désir.

Une fois son interprétation terminée, je l'applaudis, et il resta dos à moi, immobile, les doigts sur les touches. Je cessai une fois sa prestation rassasiée, et penchai la tête en quête de quelque chose d'autre.

Mais...
Il pleurait...

Je m'empressai d'aller à son "secours", et posai ma tête sur son épaule, l'embrassant sur sa chemise. Il pleurait à chaudes larmes, les bras ballants. Je n'arrivais pas à le calmer, et il ne me répondait pas, absent mentalement.

« Pourquoi, bricola-t-il, pourquoi moi? »


[9]

26 janvier. 15h40.

Xavier avait mal, ça se voyait. C'était plus que des larmes, c'était plus que de la tristesse. Il souffrait depuis trop longtemps, et Mia le savait.

« Xavier, chuchotai-je, Xavier... Calme-toi, calme-toi... Je suis là, je suis là pour toi... Tu peux tout me dire, tu sais, tu peux me faire confiance, je veux juste prendre soin de toi... »
Mais il continuait de fixer son instrument, colossalement vidé de toute joie.
« Xavier, murmurai-je, écoute-moi s'il te plait... Xavier, vraiment, écoute-moi...
– J'en... gribouilla-t-il, j'en peux plus, Mia...
– Qu'est-ce qui va pas? demandai-je en le réconfortant.
– Tout va de travers... Tout. Merde, merde... Mia, il faut que tu me laisses seul un moment...
– Non! Non! Je veux pas te laisser!
– Mia, Mia...
– Xavier, dis-moi ce qui se passe... »
Impuissante, j'éclatai aussi en sanglots, le rejoignant dans sa peine dégoulinante.
« Je veux que tu partes, chancela-t-il, c'est mieux pour toi.
– Mais, merde, hurlai-je, j'y comprends rien!
– Pars. Tout de suite.
– Non, je partirai pas! Je veux juste que tu... Que tu m'expliques...
– Il vaut mieux pas. Ça vaut pas la peine d'être entendu. Va-t-en maintenant.
– Pourquoi tout va si vite Xavier? Pourquoi?
– Je sais pas... »
Je me levai, pris mes affaires, et sortis, le laissant en plan.

J'affrontai ma douleur et ma rage dans le froid. Les mains fourrées dans mes poches, je bravai cet évènement tant bien que mal, réduisant assez vite la distance entre moi et ma maison, si bien que je me retrouvai sur mon paillasson le temps d'un battement de cil. Je n'avais pas mes clés, alors je sonnai.

Ma mère m'ouvrit. Et se jeta sur moi.

« Mia... dit-elle en perdant ses moyens, Mia! Mais qu'est-ce qui t'es arrivé?
– Je...
– C'est Xavier? C'est ça? C'est lui?
– Non, non...
– Mais tu va me répondre, oui?
– C'est rien, ça va aller...
– Non mais tu t'es vue? Ça va pas Mia! Allez, viens, il faut que tu te reposes, et que tu me racontes tout ça.
– Maman, c'est rien je te dis...
– Mia, viens. »
Nous montâmes à toute vitesse les escaliers, et elle m'ordonna de me coucher. Je ne pus m'empêcher de pleurer davantage. J'avais perdu le contrôle. Ma mère me caressait le front en me serrant contre elle. Je sentais son souffle chaud dans mes cheveux.

Et je m'endormis, aspirée par la fatigue.

Je rouvris les yeux des heures plus tard, les yeux gonflés. De suite, je vérifiai mon portable : 18h52, 8 appels manqués et 5 messages. Tous de Xavier. Je l'appelai sans attendre.

Une sonnerie, puis une deuxième, et enfin une troisième.
Un claquement. Un raclement de gorge.
« Mia, annonça-t-il la voix teintée d'un vide, je suis désolé... »
Je laissai volontairement passer un long silence.
« Mia...
– Dis-moi ce qui va pas, l'arrêtai-je.
– Je... Laisse-moi un moment. S'il te plait.
– Pourquoi est-ce que tu te caches?
– Parce que, euh... C'est mieux comme ça.
– Non, je veux que tu me dises ce que t'as sur le cœur, surtout si c'est grave.
– Ok... Euh... Je... Je crois que c'est bientôt la fin... »

Il raccrocha lâchement, et je fis un saut dans l'irréel.


[10]

5 février. 17h28.

Ça faisait plus d'une semaine que nous nous ignorions, son lourd secret toujours aussi invisible à mes yeux, mes larmes toujours aussi accélérées lorsque je me retrouvais seule dans mon lit le soir.

Je percevais son regret quand nos regards se croisaient malencontreusement, mais j'attendais, j'estimais que c'était à lui de venir s'expliquer, et non à moi de réclamer un éclaircissement. Comme souvent, nous prîmes le même bus pour rentrer chacun chez nous après les cours. Et comme depuis ce samedi, nous mettions une distance préfabriquée entre nous, moi glissant dans ma musique, lui dans ce paysage répété qui s'offrait à son regard.

Mais cette fois, au moment de descendre, il me retint par le bras.

« Mia, tâtonna-t-il, euh... Je suis désolé. »
Refusant de me retourner, il affrontait mon dos contrarié.
« Vraiment, persista-t-il, je suis... Désolé.
– Pourquoi tu m'as rien dit depuis samedi? le questionnai-je déçue, toujours le visage tournée vers ma maison.
– Parce que... C'est dur.
– Mais de quoi tu parles? accentuai-je en faisant volte-face.
– Je suis pas censé te le dire.
– Mais...
– Mais j'ai confiance en toi, sabra-t-il.
– Xavier...
– Il me reste deux mois à vivre.
– Qu...
– Mia, il faut que tu m'oublies.
– Non, non... »
Je ne pus empêcher mon cœur de parler, pendant qu'il me serra dans ses bras.
« Xavier, tentai-je à travers mes pleurs, mais qu'est-ce que tu as?
– Pour faire simple, j'ai un problème au cœur, une cardiopathie congénitale... Normalement, ça se soigne, sauf que pour moi, ça a pas mal foiré, rien a marché, et en plus de ça, mon groupe sanguin est rare, donc la greffe est pas possible... Je suis déjà mort.
– Xavier, je... »
Envoyant en l'air ce monde qui m'accablait, je le serrai de plus belle dans mes bras, pour qu'il puisse me donner un peu de son malheur. Et, comme samedi, il s'effondra en larmes.
« Putain, se lamenta-t-il, mais pourquoi est-ce que ça m'arrive à moi?
– Xavier, Xavier, calme-toi.
– Merde, j'en peux plus...
– Et si je te dis que le temps qu'il nous reste il faut surtout pas le gâcher, tu me dis quoi?
– Je...
– Et si je te dis qu'il faut faire tout ce qui te rend heureux, jusqu'au bout, tu me dis quoi?
– Mia...
– Et si je te dis qu'on pourrait partir quelque part, loin, juste tous les deux, tu me dis quoi?
– Je sais pas, c'est une bonne idée, ouais...
– Et si je te dis que je t'aime, tu me dis quoi? »

Il s'arrêta quelques instants, et me regarda de fond en comble.

« Je te dis que, merde, je t'aime aussi, et que t'es une fille géniale. »

Il me sourit, et nous nous embrassâmes. J'eus le goût de ses lèvres le reste de la soirée.

Je crois qu'il était temps de s'en aller vers l'horizon, hors de ce monde et ses saisons.


[11]

10 février. 21h21.

Vu la situation assez précipitée, nos parents respectifs avaient accepté sans hésitation de nous laisser un peu plus de liberté. Et, étant en vacances, nous avions décidé de passer deux semaines au calme sur la côte bretonne, loin de tout.

Nous étions couchés sur le sable froid, pieds nus, pendant que les allées et venues de la mer nous déposaient sur les nuages. Les doigts entrecroisés, nous cessions de penser à ce court délai qui nous faisait douter. Les premières étoiles chantaient juste à côté de la lune, innocentes et flamboyantes. J'avais l'impression que le temps se tordait, s'enfonçant lui aussi dans le sable.
« Hey, chuchota-t-il comme pour ne pas gêner le silence, tu penses qu'il y a des gens derrière les étoiles qui nous voient en ce moment?
– Hm, évitai-je, peut-être...
– Ça serait cool d'être à leur place, de regarder tous ces gens faire leurs vies un peu partout. T'imagines?
– Ouais, répondis-je en me tournant vers lui, j'imagine. »
Nous nous tûmes.
« J'ai envie d'une autre chance, Mia, lâcha-t-il, juste une.
– On en a déjà parlé, Xavier, arrête d'y penser.
– Je peux pas ne pas y penser. Ça me hante, ça me suit.
– Pense à l'instant présent, c'est tout...
– Hm, ouais. Mais... »
J'interrompis ce qu'il allait sortir en posant mon index sur ses lèvres, puis passai ma main sur sa joue, pour finalement entourer son cou de mon bras.
« Il faut que tu vives, envisageai-je, jusqu'au bout. Arrête de compter les jours et les heures. Vis.
– Mia, tu... Merci. »

Nos bouches se rencontrèrent, et nous nous enfermâmes dans une trêve, un havre de paix. Puis, nous nous levâmes, et rentrâmes dans sa maison de vacances d'un pas enfantin. J'enlevai mon manteau, lui son sweat bleu, et nous nous assîmes sur de gros fauteuils en cuir devant la cheminée crépitante, une tasse de chocolat chaud à la main.

« J'aurais tellement aimé te rencontrer plus tôt, avoua-t-il, j'aurais bien aimé passer plus de temps avec toi, et mieux te connaître. Tu me manques déjà, tu sais.
– Moi aussi, l'imitai-je, j'aurais aimé te rencontrer plus tôt, c'est sûr. Mais l'essentiel c'est qu'on se soit rencontrés, tu crois pas?
– Ouais, au moins je mourrai amoureux.
– Xavier, parle pas de ça s'il te plait. J'aime pas trop...
– Oh! Désolé... »

La soirée se transforma en nuit, et nous finîmes par nous endormir gavés de sentiments dans un immense lit. Je sentais sa respiration naviguer dans mes cheveux, et le noir fut soudain complet.

"J'aurais tellement aimé te rencontrer plus tôt"...


[12]

14 février. 23h44.

Aujourd'hui c'était... Ma première "vraie" Saint-Valentin. Wow... J'avais du mal à m'y faire, et à m'en rendre compte.

Xavier avait été un véritable gentleman toute la soirée : il m'avait invitée dans un petit restaurant chaleureux au bord de la mer, m'avait au passage offert des roses et une bague d'amour infini, pour finalement me proposer qu'on se promène un peu, main dans la main, au fil des rues. Je nageais en plein bonheur.
Une fois la nuit bien entamée, nous rentrâmes, étonnés l'un de l'autre. Sans prendre la peine d'enlever son lourd manteau, il sortit une vieille platine et un vinyle que je ne connaissais pas. Un Noir se tenait dessus, les mains dans les poches, et un croquis de sourire tracé sur son visage. Il posa le vinyle sur la platine, la mit en marche, et descendit délicatement le bras jusqu'à ce qu'on entende un grésillement mélodieux.

Puis, il y eut cette intro mémorable, pendant laquelle Xavier se retourna, tout en commençant à danser avec classe et feeling.

« I, I'm so in love with you
Whatever you want to do is all right with me
'Cause you make me feel so brand new
And I want to spend my life with you... »

Il se rapprocha, me regarda droit dans les yeux, et me contourna en me chuchotant les paroles.

« Let me say that since, baby, since we've been together
Loving you forever is what I need
Oh let me be the one you come running to
I'll never be untrue... »

Je restais immobile. Une fois derrière moi, il croisa ses bras autour de ma taille, et continua à réciter ces mots.

« Oh let's, let's stay together
Lovin' you whether, whether
Times are good or bad, happy or sad, alright, oh yeah
Whether times are good or bad, happy or sad... »

Il s'arrêta, laissant la musique poursuivre seule.

« Mia, dit-il sans lâcher prise, promets-moi que tu m'oublieras pas.
– Non, répondis-je, je t'oublierai jamais. Je pourrai pas de toutes façons.
– Merci, lâcha-t-il en m'embrassant dans les cheveux.
– Non, contrai-je, merci à toi.
– C'est incroyable ce qu'on est en train de vivre. Ça vient à peine de commencer, et c'est indescriptible ce que je ressens.
– Oui...
– Mia... J'ai envie de rester. De rester... Pour toujours.
– Xavier, j'ai pas envie d'en parler.
– Carpe diem?
– Carpe diem.
– Tu m'aimes?
– T'imagines pas à quel point...
– Hm...
– C'est quoi ce "Hm"?
– Rien... C'est juste que j'en ai marre d'y penser.
– C'est une belle histoire. Laisse-nous au moins l'opportunité de pouvoir finir de l'écrire.
– Mia... Je crois que j'ai plus assez d'encre.
– Ça me suffit largement. »

Il retira ses bras, et je fis un demi-tour.

« Je sais, essaya-t-il, je sais ce que ça fait de voir quelqu'un partir, et de rien pouvoir y faire. De sentir qu’on aurait dû faire certaines choses plus tôt, d’autres jamais, et que, depuis le début, le temps nous glisse dangereusement des mains. De sentir que tous les espoirs qui nous cachaient habilement la vérité saignante sont réduits à néant, nous abandonnant au milieu d’un désert assassin, sans défense. J’aurais tellement voulu rembobiner nos existences, guérir nos plaies, effacer nos souffrances. Mais il était déjà trop tard. Beaucoup trop tard. Et je veux pas que tu vives ça. »

Une goutte s'échappa sous une de mes paupières, puis deux, puis trois, puis toutes. Il s'assit sur l'un des fauteuils en cuir, et laissa aussi toutes ces gouttes s'échapper de sous ses paupières.

« Je te le dirai jamais assez Mia, ajouta-t-il, jamais...

Je t'aime. »


[13]

17 février. 06h31.

Les jours se succédaient identiques les uns aux autres. Je l'aimais, il m'aimait, et rien ne semblait vouloir changer. Figée comme une statue, l'attente de la fin, de sa fin, nous narguait ouvertement.

Inhabituellement tôt pour des vacances, je me réveillai avant que Xavier et le soleil ne se lèvent. J'enfilai un de ses sweats trop grand pour moi, un jean, mes chaussures, et me faufilai jusqu'à la plage. J'avais besoin de faire le point, de penser profondément. J'avais besoin de m'éclaircir l'esprit, parce que mine de rien, je commençais à être sacrément paumée. C'était ce genre de moment qui changeait la donne dans une vie, je le sentais. Et il fallait que je réfléchisse. Maintenant.
C'était une sorte de lettre à moi-même, un discours en solo, dans lequel je devais trouver la clé. La clé de la suite, de l'après.

Je m'assis sur un gros rocher déformé, et dévisageai la mer.

« Bon, Mia, pensai-je, où est-ce que t'en es? Vous êtes amoureux comme des fous, mais c'est déjà presque terminé. Ça le rend triste, ça te rend triste, mais pourtant, il faut continuer. Combien de fois est-ce que je vais le lui répéter? Combien de fois est-ce que je vais me le répéter? Ça nous détruit intérieurement... Hm... C'est dur, c'est dur. J'ai pas envie de lâcher prise, mais je sais que lui, quoiqu'il arrive, il va le faire. Je comprends pas pourquoi ça nous arrive. On mérite pas ça...
– Mia? poussa une voix derrière moi.
– Xavier? m'étonnai-je en me retournant. »

Il avait une sale mine. Une mine fatiguée, il était au bout de ses forces.

« Mia, reprit-il, j'ai beaucoup pensé à toi hier soir. Et je me suis dit que c'était peut-être ça notre rencontre. Il fallait qu'on se rencontre comme ça, on n'avait pas le choix. Ça sert à rien de s'apitoyer sur notre sort, je pense qu'il y a bien pire ailleurs. Tout ça ressemble à un film romantique, et comme d'habitude, il y a une mauvaise fin. Mais c'est comme ça. Au final, je m'en fiche qu'elle soit là, cette fin, tu sais. Toi, t'es là. C'est l'essentiel. Et j'ai enfin accepté que, la vie c'était pas ça, c'était pas être heureux à chaque instant. La vie c'est un tout, c'est une histoire avec des hauts et des bas, c'est une vieille fable qu'on voudra raconter plus tard parce qu'elle mérite d'être connue. J'aurais aimé qu'on vive plus ensemble, Mia, mais c'est pas grave, on aura vécu, on aura fait quelque chose. Evidemment, ça me rend fou. Mais je crois que le refus, c'est une impasse, une impasse au chapitre suivant. Ton chapitre. On s'en fout si le chapitre qu'on est en train d'écrire est trop court. C'est comme ça. J'ai l'impression de me répéter... Je veux pas que tu gâches ta vie à cause de moi, à cause de mon départ. Ça serait pas une bonne chose. Il faudra que tu profites de chaque minute avec d'autres gens, autre part. Voyage, Mia, voyage aussi loin que tu le peux. Il faut que ta vie soit belle, s'il te plait. Je veux pas être un fardeau... Je veux être un passage, un simple couloir. Je veux pas être la porte fermée. Alors, promets-moi d'aimer tous les gens qui t'entoureront plus tard comme tu m'as aimé. Tu mérites tout le bonheur du monde.
– Xavier... Tu as raison. La fin est là. Tant pis. On fait avec, je ferai avec. Tu es quelqu'un d'adorable, tu sais, toujours là quand il le faut...
– Mia, reste forte. S'il te plait. Je ne suis pas toute ta vie.
– Oui, je resterai forte. »

Il s'assit à côté de moi, passa une nouvelle fois son bras autour de mon cou, pendant que je posai ma tête sur son épaule.

Dans ma vie, je n'aurais jamais eu tout ce que je voulais. Je n'aurais jamais été la fille parfaite. Mais, à ce moment précis, je me rendais compte que ça ne comptait pas. Je sentais qu'on finissait tous par fermer les yeux pour toujours, que nous n'avions pas assez de temps pour sourire.

Alors, je découvris que la vie n'avait pas définition. La vie, c'était la vie, un point c'est tout. Il fallait croire, croire en soi, croire en ses rêves, croire à ces gens si précieux qui nous aimaient. C'était la liberté, la poursuite de bonheur. Et le bonheur, ce n'était pas le fait d'avoir à chaque fois tout ce qu'on voulait...

Mais d'aimer ce qu'on avait.


[14] - FIN.

Paris. Un an plus tard.

Je crois que la fin de l'histoire, je n'ai pas vraiment besoin de vous la raconter. Vous vous en doutez, tout s'est transformé en un véritable cauchemar, ses séjours à l'hôpital s'allongeant au fil du temps. Je le vois encore, maigre, pâle, sous ces draps d'un blanc inquiétant, me souriant et me disant que ça allait bien se passer, qu'il ne fallait pas s'occuper de lui. Et je me vois encore lui tenant la main à côté de ces machines inhumaines aux noms et bruits multiples, désirant tout sauf son départ. Les médecins allaient et venaient dans sa chambre, chuchotant des messages codés entre eux. Ses parents ne savaient plus quoi dire ni penser. Thomas, son grand frère venu exprès de Chicago, leur tenait l'épaule. L'atmosphère d'un deuil préconçu et attendu battait de plein fouet dans cette chambre.
Gavé d'un tas de médicaments, il ne parlait plus beaucoup. Il se contentait de quelques « merci », « ça va », « vous êtes pas obligés de rester ». J'ai même été jusqu'à prier, espérant une renaissance. Mais je n'eus droit qu'à un silence éternel. Pas de deuxième chance.

Le 3 mars 2013, il nous a dit au revoir pour de bon. Je me sentais vide et tendue. Mes yeux pleuraient pour moi, sans que je leur demande quoi que ce soit.
La veille dans la soirée, ses derniers mots me furent destinés.

« Mia, dit-il, Mia... Sois quelqu'un de bien. Cherche le bonheur dans chaque chose, dans chaque instant... Dans chaque personne. On se reverra. »

Le lendemain, seules ses paupières me regardaient.

Le médecin qui s'était occupé de lui prit une chaise, et s'assit en face de moi.

« Toutes mes condoléances, m'assomma-t-il, je suis vraiment navré. Il m'a beaucoup parlé de vous, vous savez. Vous avez beaucoup compté pour lui. Merci d'avoir été là jusqu'au bout. »

Ses paroles sonnaient comme une balle de match manquée, comme un panier à la dernière seconde refusé. Je lui dis que j'allais m'en remettre, que ce n'était rien. Mais ce n'était qu'un amer mensonge. Je ne croyais déjà plus en la vie, cette vieille amie.

Son enterrement fut un coup de couteau planté dans mon dos. J'y étais allée sans mes parents, ne voulant pas pleurer devant eux. Des visages inconnus aux traits sombres restaient silencieux, meurtris.

Habillé en costard, il gisait, là, sur un plateau de mort. Exténuée, je m'effondrai, et perdis connaissance, me réveillant plus tard dans son lit. Son frère, resté pour me surveiller, m'adressa alors la parole.

« Salut, Mia, commença-t-il. Comment tu te sens?
– Mal, rétorquai-je à demi-voix.
– Hm, j'imagine... »
Une lourde pause prit ses aises.
« – Tu sais, réattaqua-t-il, Xavier c'était quelqu'un de très seul. Il savait depuis longtemps qu'il était malade, et que c'était incurable. Il s'est enfermé dans sa bulle, dessinant, jouant du piano, et regardant à longueur de nuit des matchs de basket. Tu l'as sorti de là.
– Mais c'était déjà trop tard...
– Non, non. Tu l'as sorti de là, et c'était pas trop tard. C'était à un moment, c'est tout. Mais tu l'as sorti de là. J'ai pas été là pour lui, et toi tu l'as été. J'ai été un sale con, un égoïste, je pensais qu'à moi, qu'à ma carrière. J'étais à l'autre bout du monde pendant que mon petit frère était en train de crever. Je me le pardonnerai jamais. Alors, merci, merci du fond du cœur. »

Je rentrai chez moi après m'être excusée auprès de ses parents. Les miens m'attendaient de pied ferme, et, à peine rentrée, ils me serrèrent de toutes leurs forces dans leurs bras. Et je pleurai comme je ne l'avais jamais fait avant...
Ma mère avait cuisiné des lasagnes, mon plat préféré, que je mangeai sans l'apprécier. Je montai ensuite dans ma chambre, et me laissai tomber sur mon lit, incertaine.

Anna m’appela, mais je ne lui répondis pas, découragée.

Et mes rêves prirent place, m'amenant dans ses bras une dernière fois...

//

Me voilà maintenant chez mes cousins à Paris, devant mon ordinateur et un chocolat chaud. Il est presque sept heures du matin, et personne n'est encore levé, mais moi je n'ai pas fermé l’œil de la nuit. Je vous écris la fin de cette histoire au bord des larmes, mon pouls et mon souffle dérapant.

J'avais besoin de vous raconter ce morceau de ma vie, parce qu'il est important à mes yeux. Il est certes triste, mais c'est bien plus que ça. C'est un héritage, l'héritage d'une vie. Il est bourré d'une magnifique nostalgie, de bons moments, et d'un amour inconditionnel, alors il ne fallait pas que je garde toutes ces choses pour moi.
Ses pensées se tournent vers lui, mais cette fois, au lieu de me remplir de tristesse, elles m'offrent un sourire authentique.

Je vous demande donc d'arrêter de survivre, mais de vous mettre à vivre, pour de bon. Je vous demande de ne pas vous laisser faire, quelle que soit la couleur de votre peau, quel que soit votre âge, quelle que soit votre taille, quel que soit votre poids, quel que soit votre visage, quelle que soit votre façon de vous habiller, quel que soit l'argent que vous avez, quelles que soient vos opinions, quelle que soit votre religion, quelle que soit votre orientation sexuelle, quel que soit votre passé, quel que soit votre avenir.
Battez-vous comme l'ont fait Nelson Mandela, Martin Luther King, Harvey Milk, Simone de Beauvoir, John Lennon, Mohammed Ali, Eminem, ou encore Frank Ocean. Vous vous sentez sûrement minuscules par rapport à eux, et vos actions vous paraitront peut-être dérisoires. Mais à l'échelle d'une vie, que ça soit la vôtre ou celle d'un ou d'une autre, c'est énorme.
Levez-vous pour aller chercher tous ces sourires invisibles, levez-vous pour abolir le mal qui empoisonnent intérieurement toutes ces existences, la vôtre en premier. Arrêtez de vous plaindre, de prendre votre peine comme la seule et l'unique, et de vous morfondre dans votre coin. Devenez dès aujourd'hui la petite lumière qui réchauffe le cœur de ceux qui vous aiment.

Gravez votre passage et votre histoire dans les mémoires pour qu'on sache qui vous êtes, et qui vous étiez.
Ne soyez pas une simple statistique, soyez humain.

Et soyez forts, cessez de rêver, le soir, à tous ces petits scénarios de vie parfaite qui vous mettent dans la peau plastique de quelqu'un que vous n'êtes pas.
Les aiguilles marchent à l'infini, mais le temps est compté. On avance, que vous le vouliez ou non.

Alors, s'il vous plait, faites-le pour que ceux qui n'y croient plus sortent enfin la tête de l'eau...


Vivez.


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MessageSujet: Re: L'histoire de Mia - [Terminé]   Jeu 2 Jan - 22:24

Sachez que ça fait déjà un petit moment que j'ai écrit cette histoire, elle vous paraitra donc peut-être un peu juvénile, voire sans doute par moments "niaise". Mais j'ai eu de bons retours, donc je me suis dit que ça valait quand même le coup de la partager avec vous!

Sachez également qu'en réalité je n'écris absolument pas comme ça sur le vaste sujet qu'est l'amour, c'était plus une sorte d'entrainement, voir ce dont j'étais capable sur une petite histoire dont je n'avais pas le scénario (oui, c'est un freestyle tout du long!).

J'espère que vous apprécierez ce récit!

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MessageSujet: Re: L'histoire de Mia - [Terminé]   Jeu 2 Jan - 23:07

J'ai adoré cette histoire. Elle est vraiment magnifique. On ressent si bien les émotions ! *-*
C'était vraiment très beau. C'est vrais que c'est une histoire à l'eau de rose avec de l'amour entre deux ados, mais la morale était forte et belle, l'histoire super bien écrite, de façon très originale.
C'est, je pense, mon histoire d'amour préférée. J'ai même tiré une petite larme à la fin, après l'enterrement (étrangement). Non, franchement : bravo, bravo, bravo ! J'ai adoré !


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MessageSujet: Re: L'histoire de Mia - [Terminé]   Jeu 2 Jan - 23:19

Plumette a écrit:
J'ai adoré cette histoire. Elle est vraiment magnifique. On ressent si bien les émotions ! *-*
C'était vraiment très beau. C'est vrais que c'est une histoire à l'eau de rose avec de l'amour entre deux ados, mais la morale était forte et belle, l'histoire super bien écrite, de façon très originale.
C'est, je pense, mon histoire d'amour préférée. J'ai même tiré une petite larme à la fin, après l'enterrement (étrangement). Non, franchement : bravo, bravo, bravo ! J'ai adoré !

Franchement.. j'ai vraiment adoré. Comme toi, Plumette.. moi aussi j'ai lâché une larme.. oui, la morale de fin est belle. Bravo pour cette histoire qui a réussi à NOUS faire pleurer. J'ai réussi à visualiser parfaitement bien les personnages et les émotions. Franchement, j'ai hâte que tu nous mette un autre roman, parce que celui-là étais freestyle et tout, mais je me demande comment serons tes prochains romans si celui-là n'était qu'un entraînement ? 1000 bravos ! Tu es très doué !

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MessageSujet: Re: L'histoire de Mia - [Terminé]   Jeu 2 Jan - 23:38

Oooh merci pour tous ces compliments, ça me touche vraiment :D

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MessageSujet: Re: L'histoire de Mia - [Terminé]   Ven 3 Jan - 0:12

Continues de nous émouvoir et de nous faire rêver :D

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MessageSujet: Re: L'histoire de Mia - [Terminé]   Sam 18 Jan - 17:38

Ton histoire est magnifique elle ma scotché du début jusqu'à la fin, tu es vraiment super doué en écriture. Bref c'est une des meilleurs histoire que j'ai jamais lu t'as vraiment un don. Donc j'espère que tu vas rester longtemps sur le forum pour écrire des merveilles ;)

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